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Un projet de coopération qui fait la différence                                                            Dix élèves en charpenterie-menuiserie participent à la reconstruction du Chili

 

                                Crédit photo: Annie Thériault-Roussel

Neuf mois après le tremblement de terre qui a secoué et dévasté le Chili, dix élèves et quatre enseignants en charpenterie-menuiserie de l’École des métiers et occupations de l’industrie de la construction de Québec (ÉMOICQ) à la Commission scolaire de la Capitale reviennent d’un séjour de six semaines où ils ont participé à la reconstruction du pays dans la région de Bio Bio, l’une des plus affectées par le séisme et le tsunami.

« Le Chili, qui a la capacité de s’autofinancer, souhaite que la reconstruction se déroule sur la base des plus hauts niveaux techniques disponibles », a précisé M. Miguel Montérichard, consul honoraire de la République du Chili à Québec. Rappelons que le gouvernement chilien s’est engagé dans une vaste opération de reconstruction de maisons sociales pour reloger la population.

Et qui de mieux que le Québec pour exporter son expertise en charpenterie-menuiserie. Alors que 98 % des maisons québécoises construites sont en bois, il en va tout autrement pour le Chili qui n’en compte que 15 %. Et ce n’est pas faute de bois, car la matière première abonde dans les forêts chiliennes.

Ce projet de coopération et d’assistance technique et professionnelle au Chili est donc né d’un besoin exprimé par L’Instituto forestal (INFOR) qui, à l’annonce de la reconstruction, a proposé au ministère du Logement chilien un projet de transfert d’expertise dans la construction de maison à ossature de bois, une technique convenant très bien aux régions sismiques et de plus en plus valorisée par le gouvernement chilien depuis la tragédie.

À leur arrivée au Chili le 27 septembre dernier, le groupe s’est divisé en trois équipes pour se rendre dans les villes de Concepción, Yumbel et Talcahuano et y construire une maison à ossature de bois. Jumelés à trois entreprises chiliennes de construction, les élèves et les enseignants leur ont enseigné les techniques utilisées au Québec.

Les maisons ont été érigées dans des zones affectées par le tremblement de terre, dont Concepción, 2e ville en importance au Chili, qui a été la plus durement touchée, ainsi que Talcahuano, où le tsunami a fait plus de victimes que le séisme.

Depuis la catastrophe, un grand nombre de sinistrés vivent toujours dans des cabanons d’urgence de 18 m2 subventionnés par l’État. Sans eau courante ni installations sanitaires, la situation est grave et marquée par une grande misère.

Une fois les maisons terminées, deux d’entre elles ont été remises à des familles dans le besoin dont une dame de 73 ans qui vivait dans un abri temporaire avec sa fille et ses trois petits-enfants et la troisième servira de clinique de premiers soins.

« Le plus valorisant dans cette expérience, c’est de constater les bénéfices immédiats de notre travail », s’est réjoui Daniel Lachance, enseignant en charpenterie-menuiserie à l’ÉMOICQ et chef de mission.

« Nous avons construit des maisons, nous les avons données, nous avons rendu des gens heureux et, en plus, les entreprises auxquelles nous avons transmis notre expertise vont dorénavant appliquer nos techniques ».

« Un rêve est toujours mieux vécu lorsqu’il est partagé », a pour sa part conclu Johany Roy, une des élèves participantes.

Durant tout leur séjour, l’équipe de l’ÉMOICQ a suscité beaucoup d’intérêt, car outre la construction des trois maisons, les enseignants ont aussi présenté quatre séminaires sur leurs techniques de construction au ministère du Logement, à l’Université de Concepción, au Centro de formación técnica Lota-Arauco et au siège social de l’Instituto Forestal devant des auditoires intéressés d’architectes, d’ingénieurs, d’entrepreneurs, de professeurs, de représentants gouvernementaux ainsi que des médias qui ont suivi attentivement le travail des Québécois.

Enfin, les experts de l’ÉMOICQ ont travaillé pendant une semaine avec la direction du Centro de formación técnica Lota-Arauco pour les soutenir dans l’élaboration d’un programme de charpenterie-menuiserie qui démarrera l’an prochain. Il s’agira du premier programme du genre à voir le jour en Amérique du Sud.

Ce projet a été réalisé grâce, entre autres, à la participation financière de l’Office Québec-Amériques pour la jeunesse pour le coût des billets d’avion des dix élèves et la rémunération des deux traductrices. Les entreprises chiliennes ont quant à eux offert le couvert, le gîte et les matériaux de construction.

L’École des métiers et occupations de l’industrie de la construction de Québec n’en est pas à ses premières armes dans le transfert de compétences en Amérique latine. Depuis 2007, elle a partagé son expertise dans trois projets similaires en Argentine et au Guatemala et elle n’écarte pas la possibilité de retourner au Chili pour une deuxième phase du projet.

 

Carole Coulombe, conseillère en communication, Services de la formation professionnelle et de l'éducation des adultes