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Détails sur un métier de la formation professionnelle : vision d’une artiste

 

10 février 2011 - Le Centre de formation professionnelle (CFP) de Québec a accueilli dernièrement le vernissage des œuvres photographiques et picturales de Joëlle Rancourt.

À bien des égards, les CFP représentent un lieu où les rêves deviennent possibles. Il est d’usage de les connaître comme un endroit où la réalité du monde du travail est palpable et où les dispositifs d’enseignement sont similaires à ceux que vont connaître les élèves lorsqu’ils accèderont au marché du travail. Mais au CFP de Québec nous savons maintenant que les attraits de nos ateliers peuvent aussi être une source d’inspiration particulière.

Pourquoi choisir un métier plutôt qu’un autre? Pourquoi un milieu de travail nous interpelle-t-il? Il y a bien sûr l’assurance de pouvoir s’y accomplir, la conviction que nos aptitudes et nos compétences seront mises en valeur, mais il y a peut être un attrait plus subtil qui nous échappe jusqu’à ce qu’un regard externe nous le révèle. C’est du moins ce que nous avons eu le privilège de découvrir par le regard de Joëlle Rancourt, lorsqu’elle a fait de notre centrale thermique son lieu de prédilection pour accomplir les œuvres qui deviendraient son projet de maîtrise en Arts visuels et enseignement collégial des arts visuels.

Elle nous a parlé par ses œuvres de tout ce qui compose notre milieu et de ses éléments qui font que l’on se sent bien pour travailler, mais dont on oublie l’existence. Elle nous a amené à poser un regard neuf sur notre environnement, nous permettant ainsi d’y voir mille et un détails oubliés probablement par habitude de les côtoyer. Nous ne verrons plus la centrale thermique de la même manière. Du déclic de son appareil photo, madame Rancourt a contribué à faire cet autre petit déclic, celui qui suscite le désir de chercher la singularité et la beauté.

Un remerciement spécial à Denys Sanfaçon, enseignant au département de Mécanique de machines fixes, pour l’accueil sans réserve qu’il a eu pour madame Rancourt.

Voici ce que madame Rancourt nous révèle sur sa démarche artistique et sur les raisons qui l’ont conduite au CFP de Québec.

Denise Tremblay, directrice adjointe, CFP de Québec

 

 

  Les Machines

  Je suis souvent passée devant cet édifice, en embrassant du regard ce

  que le mur vitré laissait entrevoir, sans oser y entrer. L’endroit me fascinait

  : un espace truffé de tuyaux, de machines, de conduits, de formes, de

  couleurs.

  Que d’émotion et d’enthousiasme lorsque je suis entrée dans la salle

  des machines. La pièce était inondée d’objets plus beaux les uns que les

  autres : de larges tuyaux rose saumon, des champlures rouge pompier,

  des poignées vert fluo, des cylindres recouverts de peinture écaillée, des

  cadrans embués, des tuyaux rouillés, des engrenages, des conduits en

  spirale, des machines bruyantes à intermittence, des gros boulons

  graissés, des réservoirs granuleux, des chaînes usées, des gerbes de

  conduits multicolores, …

  Je suis émue et captivée par l’urbanisme; tout est sans cesse prétexte à

  l’émotion et à l’étonnement, à chaque instant. Je rehausse les détails,

  souvent anonymes du paysage urbain, par différentes techniques

  picturales. J’interprète le réel au moyen de la photographie et de la

  peinture; je tente de dévoiler et de rendre accessible la conception que j’ai

  de mon environnement.

  Joëlle Rancourt

 

 

L’œuvre a été réalisée dans le cadre de la maîtrise en Arts visuels et enseignement collégial des arts visuels à l’Université Laval.
7 photographies numériques, 16" x 20" chacune, 2010.

Elles sont exposées en permanence au département de Mécanique de machines fixes.