Brésil 2010
Conférence internationale des enfants et adolescents

par Audrey Marquis-Drolet

Lors de la fin de mon secondaire 4, à un mois d'avis ainsi qu'à la veille d'une des plus importantes sessions d'examens de mes études secondaires, le personnel de mon école m’annonce que je suis choisie, ainsi que 3 autres jeunes du Québec, à partir représenter le Canada lors de la Conférence Internationale Infanto Juvénile Prenons Soin (Confint) de la Planète.

Suite à de nombreux préparatifs (par exemple, notre participation au débat national la Joute, qui avait lieu à Montréal lors du Carrefour Jeunesse, La Planète Dans Notre Assiette), je m’envolais, le 3 juin dernier, vers une aventure qui s’avérera indubitablement celle qui marquera toute ma vie.

Dès notre arrivée, c’est le choc. Non pas du à la chaleur ou aux paysages; ce sont des détails que l’on oublie rapidement lorsque l’on rencontre les gens avec qui nous passerons les 10 prochains jours. Dans le centre, religions, coutumes, langues, origines, accoutrements, attitudes… tout, absolument tout diffère! La pluriculturalité était à son apogée! D’abord, c’est le choc momentané. On éprouve une petite retenue à se mêlé aux groupes, mais dès les premiers sourires, les premiers mots de bienvenu échangés, ce n’est qu’une immense envie de découvrir qui s’empare de nous. Les différences ne représentent rapidement plus une barrière. Les 400 jeunes délégués ainsi que les 200 responsables tombent tous sous l’emprise d’un sentiment de paix et de respect envers
les autres. On laisse tomber nos drapeaux et on se rend alors bien vite compte que peut importe d’où viennent les gens, ils sont tous semblables : tous les êtres ne forment qu’un tout; ils bâtissent et modifient ensemble notre monde. Le but de la Confint résidait en conscientiser les jeunes présentsà entretenir ce dernier d’une façon qui respecte la planète, autant du point de vue environnement qu’humanitaire.

Suite à 2 journées ou jeunes et responsables étaient invités à participer à des activités favorisant les échanges interculturels, le 5 juin au soir avait lieu la grande cérémonie d’ouverture de la Confint. Nous avons eu droit à un spectacle haut en couleur ou chaque pays performait un petit numéro afin de se présenter. Les deux jours suivant était réservés à la rédaction d’une charte sur laquelle devait figurer les responsabilités que les jeunes se fixent face à l’environnement ainsi que les actions qu’ils posent afin d’y parvenir. Tout était configuré de façon à ce que chaque énoncé du document soit travaillé par des gens provenant de pays très distincts pour assurer que ceux-ci respectent les réalités des jeunes partout dans le monde. Lors de la journée suivante, tous les jeunes ont pu visiter différent sites touristiques de Brasilia, la capitale du Brésil. Pendant les deux jours suivant, une équipe de jeunes s’affairait à la rédaction finale de la Charte tandis que tous les autres assistaient à des ateliers animés par les responsables traitant sur divers sujets environnementaux. Finalement, la dernière journée de la Confint, nous nous sommes tous dirigés vers le centre ville de Brasilia et, au centre du quartier ou réside les établissements gouvernementaux, nous avons fait des danses en formant de grands cercles. Nous nous tenions tous main dans la main, peut importe d’où nous venions, voulant ainsi passé le message que nous sommes unis tous dans un seul et unique but : créer un monde où il n’y a pas de frontière et où les règlements sont les mêmes pour tous. Ensuite, une conférence très médiatisée eu lieu pour le lancement officiel de la Charte. En bref : « Suffit les accusations. Nous ne sommes plus à l’heure de dire aux autres [gouvernement] qu’ils n’agissent pas correctement et qu’ils doivent changer leurs façons de faire. Nous devons leur prouver ce que NOUS sommes prêts à faire et, s’ils se rendent compte de notre motivation, espérons alors qu’ils nous supporteront dans nos actes en changeant, de leur propre chef, les leurs ».

De retour au centre, une grande fête nous attendait le soir même de façon à célébrer le travail que nous avions faits et la réussite de la première Confint. Le sourire imprégné sur nos visages depuis notre arrivée s’estompa aussitôt lorsque nous étions debout le lendemain matin, au levé du soleil, car c’était dès lors le début des adieux. Les délégations devaient retourner peu à peu dans leurs pays respectifs et ce, à la grande tristesse de tous.

La délégation canadienne partait un peu plus tard que les autres car nous nous étions réservé deux jours à la visite de Brasilia. Plaisant, mais quelque peu décevant. Définitivement, c’est une ville pensée pour l’automobile; le piéton ou touriste que nous sommes n’y est pas nécessairement le bienvenu. Le soir, nous retournions coucher au centre. Il était vide de toute vie; un vrai quartier fantôme! Tous avaient déjà quittés. C’est à ce moment que l’on se rend compte que ce n’est pas l’endroit mais bien les gens qui ont rendu cette aventure inoubliable et incomparable.

Les pleurs étaient au rendez-vous non seulement au départ, mais lors des jours et des semaines suivantes. Nous devions y faire face : partir du centre, c’était parti d’un monde parfait, d’un monde irréel. Le monde qui nous attendait à notre retour, que nous soyons québécois dans notre confort ou africains dans notre guerre, allait nous prendre par surprise. Notre nouvelle vision des choses, maintenant dénudée de préjugés et de soucis autre qu’environnementaux, allait être durement secouée. Mais toute bonne chose à une fin. Il faut revenir en force dans notre chez-soi et maintenant prendre tous ce qu’on à acquis lors de la Confint et le mettre en marche ici. Nous devons conscientiser notre entourage et mettre sur pied des projets qui permettront de se dirigé peu à peu vers un monde en paix, tel celui que nous avons laissé au centre et enfoui dans nos souvenirs.

Afin de conclure mon petit résumé de cette aventure, je vous cite en premier lieu une « morale » qui circule auprès des gens de la Confint, ainsi qu’en deuxième lieu un commentaire qu’une responsable d’une délégation de l’Afrique nous partagea :

- la valeur des choses n’est pas dans le temps qu’elles durent, mais dans l’intensité avec laquelle elles se produisent. Voilà pourquoi il y a des moments inoubliables, des choses inexplicables

- Ici les enfants sont en paix, ils rient, ils chantent et dansent, ils ne sont pas battus ou violés… Chez nous, les mêmes enfants vivent la guerre. Je suis si heureuse, ils savent oublier le mal et faire le bien

Audrey Marquis-Drolet


Document(s) :

Charte des Responsabilités Prenons Soin de la Planète